Le gypaète  barbu

 

Etymologie : du grec gyps, Vautour et du latin aetus, Aigle barbatus, barbu

Habitat : régions montagneuses entre 700 et 2500 mètres

Territoire : 200 à 400 km²

Taille:  1m à  1m 15.

Poids :  5 à 7 kg

Envergure: 2 m 50 à 2 m 80

Longévité : 40 ans en captivité

 

Description

Sa tête couverte de  plumes blanc chamoisé est  masquée de noir autour d' un oeil blanc cerclé de rouge. Sous son bec puissant couleur corne ce masque se prolonge avec une barbichette . Ces mèches de plumes noires qui pendent de part et d' autre du bec sont caractéristiques et permettent d' identifier  l'oiseau  avec certitude. Son cou et son  poitrail rouge orangé permettent  aussi de le  distinguer. L'origine de cette coloration est  provoquée par des oxydes de fer provenant de la dégradation de certaines roches. Ces poussières ferrugineuses  rougeâtres se fixent sur  les plumes par  contact avec la  roche ou la terre. Cette  coloration avait disparue sur le sujet naturalisé que nous avons étudié.

En vol on le reconnaît à ses longues ailes pointues et à sa queue en forme de losange . Son vol léger et souple fait sous-estimer sa taille et oublier que c' est l' un des plus grands de nos oiseaux d' Europe. Il possède des doigts plus préhensibles et des ongles plus recourbés que la plupart des vautours. C' est un oiseau silencieux, qui ne laisse entendre que très rarement un long sifflement aigu.

 

Répartition

Cet oiseau majestueux vit solitaire ou en couple dans les Pyrénées, les Alpes, en Corse et en Crète. Il passe toute l' année en haute montagne, ne quittant son territoire que par grand froid ou manque de nourriture.

Il existe aussi une autre espèce de gypaète: le gypaète barbu d' Afrique.

 

Reproduction

Lors de la parade nuptiale qui se déroule dès le début décembre, le couple effectue de nombreuses acrobaties aériennes : planés, chandelles, vrilles, piqués, loopings, vols en festons ; mais on remarque surtout de curieuses prises de serres l'un des oiseaux se plaçant carrément sur le dos sous son partenaire, en se laissant tomber jusqu'à quelques mètres du sol, les ailes à demi fermées. Des cris perçants sont alors échangés.

Adulte vers 6-8 ans, le gypaète occupe un véritable territoire d'où il chasse tous les rapaces se trouvant près de son aire. Il possède plusieurs sites de nidification séparés de 2 à 3 km. et situés dans des secteurs reculés : corniche abritée des précipitations, cavités de hautes falaises ou grottes . Un seul sera choisi et occupé parfois même deux à trois années de suite, les autres pouvant servir de garde-manger. Le nid est grossier, composé d'une plate forme de branches de deux à trois mètres carrés recouvertes de laine de mouton, de plumes, d' herbes sèches  dans lesquelles sont mélangés les restes de repas : ossements, lambeaux de peau séchés, sabots... Le couple participe au transport des matériaux, mais c'est à la femelle que revient l'agencement.

Cette dernière va y pondre 2 oeufs tachés ou marbrés de brun-rouge et de gris-violet de 140g. environ, à 3 ou 5 jours d' intervalle en plein hiver (de décembre à début mars). Les deux parents, mais surtout la femelle, vont couver pendant 53 à 62 jours et le poussin cassera seul sa coquille pendant 24 heures environ. Cependant un seul poussin sera élevé, les adultes vont le nourrir d'aliments apportés ou régurgités pendant 3 à 4 semaines, 10 fois par jour. C'est donc l'aîné, plus fort,  qui va accaparer toute la nourriture si bien que le plus jeune ne pourra pas grandir et sera jeté hors du nid par son frère, ou pire encore, si l'aîné a un petit creux , il n' hésitera pas à dévorer son jeune frère. Alors pourquoi ce deuxième oeuf ? Peut être pour le cas ou le premier n' arrive pas à éclore ou pour servir de réserve alimentaire au poussin. 

A cette période les parents n'ont aucun mal à trouver de la nourriture, la fonte des neiges faisant apparaître des cadavres d'animaux morts pendant l'hiver. Mais ils doivent se relayer sans cesse pendant les deux premiers mois pour réchauffer le poussin qui n'a pas encore de régulation thermique. Le jeune est capable de se nourrir seul et d' avaler des os. Les plus gros dépassent parfois du gosier et ne descendent qu'au fur et à mesure de la digestion.

A l'âge de 4 mois, le jeune s'envole pour la première fois, puis apprend à se nourrir seul. Lorsqu'à l'automne ses parents lui feront comprendre qu'il n'est plus le bienvenu à l'aire, il s'en ira. Mais avant de se fixer et d'occuper son propre territoire, le gypaète va mener une vie errante faite de très longs déplacements. C'est durant toute cette période que les pertes sont très importantes et qu'un faible pourcentage d'individus arrive à l'âge adulte vers 7 ans.

En moyenne un couple donne naissance à un poussin tous les deux ans.

 

 

 

Alimentation

Le gypaète barbu est un rôdeur typique qui parcourt de grands territoires à la recherche de cadavres .Il peut survoler les plus hauts sommets mais il se laisse, le plus souvent glisser à quelques mètres du sol le long des pentes. Dans ses vols en piqué, il peux atteindre plus de 100 km/h. Les attroupements d'autres oiseaux comme les grands corbeaux et les vautours lui signalent souvent la présence de nourriture.

Dans la nature, chaque espèce s'est spécialisée pour l'exploitation de certaines parties du cadavre. Le gypaète barbu attend patiemment que les parties tendres soient consommées car il se nourrit essentiellement à partir du squelette. Les os constituent 80 à 90% de son alimentation et avec 300 grammes par jour, il est largement satisfait. Une composition particulière de ses sucs digestifs et un gosier élastique lui permettent d' ingurgiter une nourriture aussi encombrante.

Les os les plus gros sont emportés puis lâchés en vol, de 50 à 18 mètres de haut, sur des rocher où ils se cassent. Cette pratique lui a valu le nom de casseur d'os. Le cassage d'os est un spectacle formidable : le Vautour choisit des pierriers en pente sur lesquels il laisse tomber des os pouvant peser jusqu' à 2,5 kg (tibia fémur). Souvent, ils ne se brisent pas du premier coup et il doit recommencer l'opération plusieurs fois de suite. Parfois, les os éclatent et les fragments se dispersent sous les rochers, on peut alors le voir parcourir le sol cherchant sous les blocs sa pâture. Avec sa langue en forme de gouge, il prend la moelle et ne laisse sur le sol que les parties d'os peu nutritives. En raison de son régime alimentaire, le Gypaète a besoin de très vastes territoires, de 200 à 400 kilomètres carrés, pour survivre. Il ne trouve pas toujours sa nourriture quotidienne et il peut rester près d'un mois sans s'alimenter.

 

La Réintroduction

Pour la Haute-Savoie, le premier lâcher a été fixé au printemps 1987 dans le massif des Bornes, suivit par une douzaine d'autres pour le département. La technique choisie consiste à mettre dans une aire aménagée des oiseaux n'ayant plus besoin de leurs parents pour s'alimenter, vers 90 jours. Le nourrissage se fait artificiellement en évitant au maximum tout contact avec l'homme.

Pendant la phase de réintroduction aucun oiseau ne doit être perdu ; aussi les gypaètes sont équipés d'un émetteur-radio permettant de les suivre dans leurs déplacements. Comme cette espèce est susceptible d'effectuer de très longs parcours, un repérage, par le satellite ARGOS, a même été envisagé.

Du point de vue de l'espèce même, aucun danger n'est à craindre puisque l'expérience ne nécessite pas de prélèvements dans le milieu naturel.

Pour la faune sauvage et le cheptel domestique, les risques sont inexistants. Se nourrissant exclusivement de charognes il ne dérange ni les bergers ni les chasseurs.

Les cadavres de chamois et de bouquetins tués dans les avalanches, et les moutons morts en alpage semblent suffisants pour assurer la survie de 2 à 3 couples dans notre département.

 

Montage réalisé par  Camille N., Sarah B. et  Manuel D. (élèves du CE1 en 2002/03) après la visite du  Centre d'Initiation à la Nature Montagnarde - château des Rubins  de Sallanches.

Sources :

- documentation distribuée ou achetée après la visite : document de l'Agence pour l'Etude  et la Gestion de l'Environnement en liaison avec la DDA de Hte Savoie

-BT Nature PEFM

- site Internet perso. Marie Christine Dehayes

Photos :

-avec l'aimable autorisation de l'association ASTER : 1° J. Delomez , 3°, 4°, 5°, 6° J. Heuret

- prises pendant notre visite 2° et 7°

Dessin : Loïc S.  ( CM)

Animal suivant